vendredi 26 février 2010

Restaurant Heliport Liège


Vue sur la Meuse, le pont Albert 1er et le Palais des Congrès de Liège

Disons le tout de go, la dernière visite dans cet étoilé liégeois ne m'avait guère enthousiasmée.
Il est vrai que celle-ci remontait à plusieurs années et que depuis lors beaucoup d'eau a coulé sous le pont du Roi Albert 1er....
Frédéric Salpetier à mené sa barque là où il voulait. Quelle évolution remarquable: un service huilé, une cuisine parfaitement maîtrisée. Cette étoile de bord de Meuse est toujours bien justifiée.


Outre la qualité de l'assiette, l'Héliport dispose d'atouts non négligeables: un parking important, un cadre exceptionnel avec terrasse en bord de Meuse et une piste d'atterrissage pour hélicoptère... Pour y accéder en voiture il faut toutefois être attentif et prendre le quai du Roi Albert 1er dans le sens Huy-Liège.


Apéritif maison et champagne Vranken Pommery
L'apéritif maison est réalisé avec 2/3 de vodka + 1/3 de Campari et du jus de raisin pétillant. Frais, désaltérant.

Mises en bouche
L'assiette de mise en bouche est constituée:
  • de fines tranches de magret de canard farcies de foie gras
  • d'espuma de tomates avec chips de vitelotte (pomme de terre bleue)
  • de tartare d'anguille fumée et de pommes Granny Smith (avec caviar avruga)


Magret de canard au foie gras sauce truffée
Le magret n'est pas fumé, ce qui permet un équilibre avec la saveur et la texture du foie gras. L'huile de truffes relève bien l'ensemble.

Tartare d'anguille fumée et pommes Granny Smith, caviar avruga
Agréable et frais, ce tartare est complété par le fameux caviar avruga originaire d'Espagne et que l'on retrouve de plus en plus souvent comme alternative au beluga trop rare et trop cher. Pourtant il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un hareng. J'aimerais qu'on m'explique un jour si ce sont de véritables oeufs de hareng où s'il s'agit d'oeufs anonymes colorés à l'encre de seiche. En  tout cas ceux présents sur le tartare étaient bien iodés avec un goût légèrement fumé.


Saint-Jacques, émincées et marinées, petit salade de mâche
et endives, foie de canard rôti et truffes


Voici les Saint-Jacques émincées et marinées avec une petite salade de mâche et endive (et des graines de pois germées) et surtout le foie de canard rôti et truffes. Les copeaux de truffes et la fleur de sel accompagnent ce plat chaud/froid qui fut un vrai bonheur. Le choix de graines germées de pois est surprenant et vient titiller l'entente parfaite entre le foie de canard et les Saint-Jacques.




La carte des vins est à la hauteur avec une large sélection de vins étrangers. Nous avons opté pour un vin blanc au verre et le sommelier nous à fait découvrir un excellent vin bulgare (Chardonnay + Sauvignon)
Pour le rouge, le Chambolle Musigny - Vieilles vignes - Lignier Michelot (46 € la demi bouteille) reste dans un bon rapport qualité-prix pour ce type d'établissement.


Raviolis de King Crabe, poireaux fondant au gingembre,
émulsion au curry et citronelle Thaï

Touches exotiques pour cette raviole. Le chef maîtrise la répartition de ces saveurs complexes (gingembre, curry, citronelle) pour offrir au final un bouquet puissant sans toutefois tuer le plat.

Ris de veau croustillant, croûte de pistache, pointe verte, vinaigrette tiède
aux tomates confites
Considéré comme le roi des abats, le ris de veau est la glande thymus du veau. Celle-ci se trouve au niveau du cou. Vous n'aimez pas les ris de veau? Voici probablement le plat qu'il vous faut pour vous faire changer d'avis...
Une quantité suffisante (surtout dans le cadre d'un menu 5 services) et un accompagnement original. La  texture fondante caractéristique des ris de veau peut en rebuter certains. Elle est ici un peu atténuée par le croustillant de la croûte de pistache. En bouche ce plat offre un ballet où les saveurs douces du ris alternent avec la vinaigrette tomatée et le zeste de citron confit. Je suis moins amateur de ce dernier que je trouve parfois d'un goût trop persistant dans ce genre de préparation. Mais il faut dire qu'ici il ne gêne pas trop l'harmonie du plat.
Pour finir de convaincre les plus réticents, sachez que le ris est un plat santé par excellence. Il est très riche en vitamine C et il contient même de la vitamine B12 en quantité importante (50 g de ris de veau couvrent les besoins journaliers d'un adulte). 


Gigotin d'agneau des Pyrénées rôti, artichauts poivrades, petite niçoise de
légumes, coulis d'olives et jus nature (38 € à la carte)

Encore un plat qui illustre la maîtrise du chef. La cuisson est idéale, les accompagnements bien équilibrés tant au niveau des saveurs que de la quantité. La petite polenta est originale (je n'ai pas pu déterminer ce qui fait son plus mais le chef y a rajouté une épice qui la relève délicieusement - piment d'espelette?)


Nougat glacé, macarons au café espuma, panacotta chocolat blanc,
coulis de mandarine (14 € à la carte)

Un petit mot sur le pain. Celui présenté dès l'apéro est aromatisé par du cumin et des olives. Excellent mais pas toujours adapté pour accompagner des plats particulièrement fins. Heureusement, pour la suite on nous a proposé deux pains plus classiques, tout aussi valables.


Les mignardises:
  • Mousse Kiwi - Vanille
  • Macaron pomme, cannelle & gingembre
  • Crème brûlée
  • Pâte de fruits aux framboises






Frédéric Salpetier a réussi à faire de cet Héliport une adresse de référence en Belgique. Son sens de la convivialité et l'attention permanente qu'il porte à la qualité des produits travaillés y ont bien entendu contribué.
J'y retournerai c'est sûr, peut-être pour y déguster le fameux boeuf Wagyû que j'ai entrevu sur la carte. Pourquoi pas le soir du 14 juillet pour profiter aussi des meilleures places pour apprécier le feu d'artifice le plus impressionnant de la province sur une des plus belles terrasses du royaume...


Héliport - Restaurant Liège








mercredi 20 janvier 2010

Extra-Muros - Chateau de Colonster - Liege



Restaurant fermé en 2011

Situé en pleine nature, au coeur des bois du Sart-Tilman, le château de Colonster se dresse sur un promontoire rocheux qui domine la vallée de l'Ourthe.

Le château de Colonster héberge depuis peu le restaurant Extra-Muros qui présente une "démarche culinaire orientée vers le monde et l'exploitation nécessairement intelligente des ressources alimentaires dont il regorge".

On propose ici une gastronomie naturelle et moderne qui allie avec inspiration des techniques de production actuelles et des modes d'exploitation raisonnables, respectueux de la nature.

Pour l'instant le restaurant Extra-Muros se fournit chez quelques artisans du terroir tout comme chez des producteurs particulièrement attentifs aux produits et à leur mode d'élevage ou de production.

Gérard Miller (initiateur du projet avec Philippe Miller et Laurent Massillon - on retrouve d'ailleurs les même compères à la barre du Labo 4 et de la Cage aux Sports entre autres) nous confie que l'objectif est de produire avec un cultivateur local toute une série de légumes de saison. Il crée aussi un carré de plantes aromatiques en collaboration avec l'Observatoire du Monde des Plantes de l'Université de Liège (Ulg). Objectif avoué: produire ou maîtriser la qualité des légumes, volailles et viandes dans les différents restaurants des complices. On dit bravo et encore!

Le parking est vaste et est situé à 200 mètres du château. Pour les personnes à mobilité réduite, il est possible toutefois d'accéder à l'entrée en voiture.

La salle de chasse du château héberge donc aujourd'hui cet Extra-Muros qui n'a pas fini de faire parler de lui. La salle est voûtée et les murs sont en moellons et briques apparentes. Le feu dans la grande cheminée d'époque donne un cachet certain à l'endroit. Mais qui sont ces messieurs représentés sur les photos géantes du mur côté terrasse? "C'est le fameux chef français dont le nom ne me revient plus" assure solennellement un professeur à la table d'à côté. Que nenni! Il s'agit des portraits grandeur nature des paternels des patrons en tenue de chef et avec un béret landais... Ils ont la tête de l'emploi et un charisme certain sur ces portraits. Respect car finalement c'est un peu grâce à eux qu'on est là!
A noter enfin, le mobilier confortable pour une cinquantaine de couverts.
Les beaux jours verront l'ouverture d'une terrasse qui, j'en suis sûr emportera tous les suffrages! En tout cas cette terrasse sera à la terre et à la forêt ce que celle de la Capitainerie est à l'eau et à la ville...

Petite remarque à l'attention du public "business" : il y a du réseau gsm et le wifi de l'ulg est accessible sans bourse délier.... Les pressés pourront profiter de la formule "rythme business".
Si vous voulez vraiment découvrir le concept, je vous conseille toutefois de prendre le temps et d'opter pour le rythme de la terre...

La carte est alléchante, elle se décline de manière classique mais aussi à travers une formule menu à 35 € (entrée + plat + dessert).

Je n'ai pas eu l'occasion de déguster le Philtre d'orage: une décoction d'herbes moyenâgeuses qui apporte sérénité et fraicheur (6 €). J'attends les premiers avis avec impatience...

Passons aux choses sérieuses.... Pour commencer, une mise en bouche constituée d'une papillote de fruits de mer, salade d'herbes et sauce aux betteraves, agrumes.
En entrées j'ai fait le forcing pour convaincre Laurent d'accepter de partager le (ou plutôt les...) :

Betterave de pleine terre (24 € pour 2 couverts), cuite au gros sel d'Aigues-Mortes, gelée de coing demi sel

Plat original qui demande quand même 40 minutes de cuisson et n'est proposé que pour 2 couverts à la fois. Les petites betteraves (2 par couvert) sont cuites lentement au gros sel. Cela donne un résultat particulièrement heureux avec le côté terre qui ressort. Heureusement la carte des vins également orientée "terre" tient la route avec par exemple une Cuvée du Grand Crès (Corbière 2005) à 32 €
Les betteraves sont donc aromatisées au sel et on distingue nettement la touche vinaigrée qui est compensée par la gelée de coing et la compote de rhubarbe.
Si le goût terreux vous gène, vous pouvez peler les betteraves pour l'atténuer.
Un goût puissant pour grandes faims...

Betteraves de pleine terre




Sabayon de Crevettes grises du littoral
Sabayon de Crevettes grises du littoral (16 €), oeuf poché minute, compote de poireaux du Condroz en gros tronçons, bacon d'Aubel juste croquant.
Rien à dire pour ce plat parfaitement maîtrisé. L'équilibre du sabayon de crevette avec l'oeuf et les poireaux est parfait. En revanche, le bacon d'Aubel m'a échappé.


Plats:
Section d'entrecôte d'Aubrac (24 €), salade de mâche et grenailles fumées au bois de chêne, échalote de terre grasse cuite au four, crème d'échalote pour la sauce
On retrouve bien le côté goûteux et consistant caractéristique du boeuf d'Aubrac. L'échalotte est douce et croquante et la sauce bien ficelée.
A noter que l'Aubrac se décline aussi en Côte à l'os (1kg, 20 minutes, 52 € pour 2 couverts)

Entrecôte d'Aubrac

Pigeonneau du pays à la casserole, lentilles du Puy au balsamic et ail doux, rôti de céleri rave, rate en glaçage de laurier, cuisson et dégustation dissociée. J'ai du faire appel à l'équipe pour l'explication de "cuisson et dégustation dissociée": en fait les ailes sont caramélisées séparément alors que le pigeonneau est servi rouge comme il se doit.
Ici le chef a remplacé la cuisson dissociée des ailes par de savoureuses rillettes de pigeonneau. Le pigeonneau exprime toute sa saveur avec une cuisson idéale, rosée bien entendu. Les accompagnements sont cuisinés de manière à ne pas trahir leurs saveurs originales et la sauce est irréprochable.

Pigeonneau

Desserts:

Carpaccio d'ananas
Carpaccio d'ananas, sirop de sucre au piment d'Espelette et râpé de coco, glace vanille bourbon maison (6 €)
Un plat tout en finesse avec les "zestes" de piment d'Espelette qui relèvent légèrement le tout sans écraser le goût.


Bonbon croustillant de bananes aux 3 épices (cassonade, cannelle et poudre de gingembre) - 6 €

Petites bananes Plantin en feuille de brick de style "gros bonbon" avec un bon équilibre des 3 épices et pas trop de sucre pour ne pas tuer les saveurs.


Petites bananes Plantin en feuille de brick
Extra-Muros: une excellente initiative que celle de nous proposer du plaisir ou comment arriver, sans fanatisme aucun, à économiser la planète dans ces démarches liées à la mise en valeur de cet endroit unique en région liégeoise.

Extra-Muros Restaurant Liège Château de Colonster

mardi 19 janvier 2010

Grain d'Orge Restaurant - pub Hombourg

Attention, depuis le 1er janvier 2010, il semblerait que Le Grain d'Orge ne fasse plus de cuisine. Il s'agirait donc d'une taverne, excellente taverne...

C'est la 3ème fois que j'ai la chance d'y manger. A chaque fois je me suis dit que j'allais commander du vin et je n'y suis jamais arrivé... Pourquoi? Parce que je continue tout le repas à la Joep ou à la Brice, les deux excellentes bières maison réalisées par Benoît Johnen dit Play qui a déménagé sa brasserie à 100 mètres de là.


Quelques mots sur l'endroit tout d'abord... C'est le véritable bistrot de village avec un cadre authentique. On aime particulièrement le bar semi-circulaire surplombé d'une ancienne cuve à bière.


On aime ensuite le personnel jeune et avenant.
On aime enfin la petite partie resto (20 couverts) qui nous propose une cuisine du terroir d'un rapport qualité-prix tout à fait exceptionnel.

Le public y est hétéroclite comme dans tout bon bistro qui se respecte: randonneurs de passage, petits vieux de la localités, jeunes en guindailles, famille de sortie...

Quelques plats de très bonne facture dégustés sur place.

Fondus au fromage 3,9 €:


Scampis grillés aux 2 sauces 6,5 € (photo aussi en version plat):



Côte d'agneau à l'ail 14,9 €:


Carbonnade à la 3 Steng 10,8 €:


Steak Champignon crème à la Joup 14,9 €


Et pour les enfants, la lasagne de Play:

Grain d'Orge - bar restaurant Hombourg

dimanche 3 janvier 2010

Le Lulay al Copete - restaurant Liege




Qu'est-ce qu'on s'y sent bien dans ce petit resto terroir pur jus, situé juste un peu en dehors du brouhaha des rues commerçantes dans la perpendiculaire du Passage Lemonnier qui donne sur la rue Cathédrale.

Le Lulay Al’ Copete s'est donné pour mission de perpétuer la tradition culinaire de grand-mamman. On y déguste de succulents boulets à la liégeoise, un jambonneau pas piqué de vers, des rognons à prix d'amis (14,50 €) et bien d'autres spécialités liégeoises ou classiques.

La perle de la rue Lulay des Febvres doit son succès à l'accueil chaleureux, à son décor typique, à son cadre intimiste qui lui confèrent un charme tout à fait particulier. Sur les murs on retrouve un florilège de citation wallonnes.

Elisabeth et Vincent sont sympatiques et on apprécie particulièrement l'excellent peket citron maison qu'ils offrent à la fin du repas. Rien à voir avec certains limoncello de synthèse ou autre pekets coupés à l'eau que l'on retrouve fréquement chez d'autres...

Que ça soit pour un repas sympathique en tête-à-tête ou pour une sortie en groupe, l'endroit est à recommander.

En entrée, les fondus parmesans maison (7 €) sont bien équilibrés.

A tout seigneur tout honneur, re-testons les boulets à la liégeoise (8,9 €). Je fais partie de ceux qui les considèrent parmi les meilleurs de la Cité Ardente et ce malgré la présence symbolique de salade... Si c'est pour déguster de la verdure les bonnes adresses ne manquent pas... On ne vient pas ici pour brouter et si c'est le cas, un supplément de salade est proposé pour 2 € supplémentaire (ce qui laisse le prix total de ce plat encore bien en dessous de celui d'autres restaurants...). Pour ce qui est des boulets ils ont la bonne consistance et la sauce est parfaite. Sauce qui, et ce n'est pas toujours le cas, contient des raisins de corinthe et ... des pruneaux... Certains la trouveront peut-être un peu trop sucrée par le sirop de liège. Cela ne me dérange pas pour ce plat typiquement liégeois.

A noter: les frites sont excellentes, tout comme la mayonnaise.



Boulets à la liégeoise

On a quand même goûté une salade (oui il y en a même près de 10 à la carte...). La salade Lulay (9,10 €) est consistante et est composée entre autres de morceaux de poulets croustillants.

Salade Lulay



















Pavé à la liégeoise

Le pavé s'est dégusté à la liégeoise (15€). Attention il ne s'agit pas ici de la même sauce que pour les boulets.

En effet ici la sauce liégeoise est composée d'échalotes,de baies de genévrier, de peket et de crème.

Avec le jambonneau grillé (13,90 €), les sauces sont aussi au choix bien qu'une fois de plus la sauce à la liégeoise me semble ici la plus appropriée.


Cabillaud au coulis de poireaux (11,50 €)

Pour ce qui est du vin, le Minervois "Terre Georges" à 20 € s'est avéré un choix judicieux qui tient la route face à nos plats terroirs. Un vin simple et puissant où on retrouve des arômes de cerises noires, de cassis et de mûres avec de bons tanins en bouche.

Croquettes de fromage

Le Lulay reste pour moi une adresse terroir agréable. Un incontournable pour qui cherche une cuisine locale, un cadre particulier et un rapport qualité-prix indéniable au coeur de la Cité Ardente.



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Juste pour comparaison, voici les boulets d'Amon Nanesse...


samedi 25 juillet 2009

Les Petit Plats Canailles du Beurre Blanc - restaurant Liege

Après avoir roulé leur bosse dans les Marolles à Bruxelles puis dans le Brabant Wallon, Willy et Bernadette Hella ont posé leur baluchon à Liège (terre d'origine de Bernadette) depuis 2003.
Willy Hella fut formé auprès de grandes références belges: au château Ste Anne, au Ravenstein, à la Villa Lorraine et au Christopher.

La façade de ce restaurant gastronomique de Liège est assez discrète. On est au coeur de la ville à 20 mètres de la place du Marché.

A l'intérieur, au fond de l'établissement on se retrouve la façade à colombages d'une ancienne maison typiquement liégeoise. Notre table (posée sur le cadre d'une ancienne machine à coudre Ringer) se situe à hauteur de l'ancienne ruelle qui reliait la place du Marché à l'hôpital des lépreux.

L'ancienne façade typiquement liégeoise à l'arrière du restaurant

A l'avant, le restaurant propose un cadre plus moderne avec de confortables fauteuils en osier.


Malgré la carte alléchante nous optons pour le menu du marché à 48,5 € (vins compris).
Après la flute champenoise et ses amuses bouche (bigorneaux, fromage, melon & jambon fumé), on apprécie le vin blanc sélectionné: un Sauvignon fruité, léger et rafraichissant.

L'assiette toute en fraîcheur de la Mer est impressionnante par la variété de ses préparations. On imagine le travail qu'une telle assiette riche en couleurs et en saveurs représente en cuisine... Voyez plutôt:
Saumon fumé en rémoulade de pommes vertes, Biscuit de fruits de Mer,
Déroulé de Cabillaud au fenouil, Pressé de gambas et Foie gras aux poireaux,
Crousty de sardine au beurre d'herbes et caviar de courgettes.
Cette dernière préparations est particulièrement relevée et le second verre de Sauvignon est apprécié.
On aurait pu craindre qu'une telle variété de goûts atténue les nuances mais il n'en est rien. L'équilibre est respecté pour autant qu'on ne commence pas par le plus relevé.

L'assiette de préparations de la mer

A noter aussi, et c'est trop peu souvent le cas, les deux variétés de pains frais.

En plat, la Ballotine de Pintade fermière au Quinoa et herbes du potager, fèves des marais met à l'honneur des aliments trop peu usités de nos jours. On retrouve une petite salade constituée non pas comme trop souvent d'une feuille insipide mais d'une feuille de céleri et de pourpier (entre autres). La base est classique et goûteuse mais la touche de créativité apporte réellement quelque chose en plus au niveau du goût (j'avoue être parfois moins sensible à la créativité visuelle seule...).

Une fois de plus, je suis impressioné par le nombre d'ingrédients différents dans ce plat.

Willy Hella ne lésine pas sur le travail dans ses réalisations. Une grosse partie du prix payé l'est pour les aliments. On a l'impression que la "main d'oeuvre" est un bonus... Si un plat vous semble plus cher qu'ailleurs, vous avez le droit de vous poser la question du pourquoi. Il ne fait aucun doute que pour le restaurant Les Petits Plats Canaille du Beurre Blanc de Liège, c'est la qualité supérieure des produits de base qui justifie cela.

Les vins (un Buzet pour accompagner le plat) sont servis en quantité suffisante.

Comme dessert, un Bavarois aux framboises garni de tuile à l'orange et mousse de mascarpone.


Pour ma part je l'ai remplacé par une assiette de fromage (sans supplément...).
Le café est accompagné de mignardises (dont une petite mousse au chocolat blanc et un macaron frais). Il y a même le petit pot d'édulcorant pour déculpabiliser ceux qui pensent avoir trop abusé d'autant de bonnes choses...

Willy est un chef comme on en voit peu en Cité ardente. C'est un puriste qui ne fera aucune concession à la qualité. Malgré une possibilité plus large, on se limite ici à 15 couverts...
On vous proposera du boeuf charolais plutôt que du Blanc Bleu Belge (oui je sais ça va en faire bondir plus d'un mais je suis tout à fait d'accord au niveau du goût et puis je constate que le chef utilise toujours des produits belges ou locaux quand c'est possible et, une fois de plus, quand la qualité le satisfait). Selon son épouse il va même jusqu'à faire ses hachis avec des saucisses de Toulouse!! Faites le test pour vos boulets ou pour votre bolognèse, c'est nettement plus gouteux!

A la carte j'avais relevé d'autres plats très tentants... dont un bloc de Lard confit et caramélisé, pommes nouvelles au thym et fèves des marais à 16,75 €. Quand on sait qu'une telle recette demande près de 24 heures de cuisson à basse température on a qu'une seule envie, c'est d'y retourner au plus tôt...

En cherchant bien, il y a quand même quelque chose que j'ai moins aimé mais ce n'est pas dans l'assiette.... La musique asiatico-new-age gagnerait à être remplacée par une musique baroque, par du Bach ou du Mozart bien plus à la hauteur de cette enseigne qui mérite sa place sur le podium des restaurants liégeois de qualité. En tant qu'aubelois, je suggererais aussi au chef de remplacer le sirop proposé avec le fromage par du véritable sirop d'Aubel...

Une dernière chose qui vaut la peine d'être soulignée, c'est l'accès facile pour les PMR, tout est de plain-pied et les toilettes hommes disposent d'un espace important même si les portes ne me semblent pas beaucoup plus larges que la moyenne.